Usine de John Supko en création mondiale

Dans le cadre du Festival les 20 Heures de musiques de Romont, L’ensemble baBel propose Usine, une création de John Supko, compositeur américain, qui reprend le défi (et la structure) de Vexations d’Erik Satie, puisque la durée de la pièce est de… 20 heures.

Début Samedi 22 septembre 4h du matin

Fin Samedi 22 septembre minuit

Lieu: la Tour des Béguines (2e étage)

Le lieu sera aménagé pour y passer le temps souhaité…

 

A propos d’Usine

USINE est une œuvre qui prend au sérieux le conseil que Pindare adressa à sa propre âme, cette prière que bien des écrivains ont citée et paraphrasée depuis, notamment Valéry et Camus : « O mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible. » Le défi colossal que Pindare impose à son âme nous revèle deux pôles opposés mystérieux :  l’un spirituel (“âme”, “vie immortelle”, l’infini) et l’autre matériel (“épuiser”, c’est-à-dire l’idée de finitude que nous relions au monde physique).  C’est entre ces deux pôles opposés qui s’attirent l’un l’autre qu’une tension, une force créatrice vibre et vivifie.  Nous pouvons appeler cette force l’imagination, car c’est avec l’imagination seule que nous nous aventurons jusqu’au champ que le poète souhaite épuiser.

Le champ de Pindare est en fait une infinité de champs superposés, un univers mystérieux d’attirance conceptuelle.  Breton et Soupault ont donné leur propre vision de cet univers, une sorte de paraphrase, voire même de réponse au défi “pythique” dans le livre “Les Champs magnétiques” de 1919, où le language de l’Âge de la Machine — language urbain, froid et technique — est entrelacé d’une panoplie fiévreuse d’images vives et sensuelles.  Les pages de ce livre magnifique, intitulées “Usine”, ont suggéré la génération “automatique” du matériau musical de mon œuvre, ainsi que les thèmes existentiels qu’elle traite, décortique et recombine de manière générative.  Dans cette musique qui aspire à une réflexion approximative du champ du possible se trouvent, comme chez Breton et Soupault, des allusions à la vie et à la mort, mais aussi à l’amour, à l’absurdité, à la beauté et à la peur.  Avec les voix mêmes de ces deux poètes, et celle d’Apollinaire ainsi que de petits extraits déguisés de chansons de Leo Ferré, j’ai désiré construire une grammaire spontanée et paradoxale qui entraînerait et les musiciens et l’audience dans des territoires de sens jusque-là insoupçonnés.

John Supko
mars 2012
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