La Disparition des arcs-en-ciel (dans les rivières du Montana)

Sortie le 24 Septembre 2019 aux Éditions de l’Age d’Homme

Couverture

Synopsis

Ernesto Pirroni est un journaliste indépendant. Une autre façon de dire qu’il a perdufoi en son métier. Journaliste par vocation, admirateur éperdu d’Hemingway, il en est venu à douter de la possibilité d’exercer sa profession avec intégrité dans le paysage médiatique contemporain. Sceptique dans l’âme, c’est un peu par dépit, un peu pargoût de la dérision qu’il accepte le sujet que lui propose son ancien rédacteur en chef : enquêter sur la soudaine et mystérieuse disparition des truites arc-en-ciel dans les rivières du Montana.

Son investigation se transforme en une longue errance, prétexte à rencontrer des personnages singuliers ayant chacun une histoire à raconter sur son rapport à la nature, au Montana, et, parfois, sur la disparition des truites arc-en-ciel

 

Note d’intention

La nature

Derrière cette enquête absurde à la recherche des truites arc-en-ciel, se trouve le véritable sujet du roman : le rapport de l’homme à son environnement, de son attachement à un lieu, une terre, jusqu’au dangereux glissement vers les abstractions que sont l’État puis la Nation. Si le Montana véhicule encore le mythe des pionniers, explorateurs de l’Ouest, chercheurs d’or et d’aventures, il est également le lieu idéal pour s’interroger aujourd’hui sur les clôtures et les barbelés, et sur les fondements du nationalisme.

De la propriété, la colonisation culturelle, langagière ou militaire, le récit s’attache à nous tendre un miroir vers nos propres instincts identitaires de réclusion et d’isolement.

Le Montana, dans sa démesure géographique et humaine, fonctionne à merveille comme une loupe sans complaisance dirigée vers nos problématiques nationales et nationalistes.  

La culture

Le choix du Montana comme cadre du récit s’est imposé parce qu’il n’est pas uniquement un lieu géographique de l’histoire du rapport de l’homme à la terre, mais qu’il renvoie aussi à un lieu littéraire de l’écriture de la nature.

Ceux qu’on appelle, parfois abusivement, les écrivains du Montana, Jim Harrison, Thomas McGuane, Richard Brautigan, pour ne citer que les plus connus, ont laissé leur empreinte sur ces plaines, ces ruisseaux, ces montagnes. De façon plus générale, ce récit s’inscrit dans un univers littéraire allant de l’écologie (notamment dans les livres de Thoreau) jusqu’à la confrontation épique de l’homme et de la nature (Mobby Dick de Melville).

Livre qui est fait d’autres livres, donc, mais aussi des mots pour dire cette relation, du plaisir qu’on peut connaître à nommer la nature jusqu’à l’intimidation qui en découle, quand nommer revient à s’approprier les choses. Parce qu’il n’y a pas de propriété sans culture et pas de culture sans langage.

La recherche

Contre-récit de voyage, contre-récit d’initiation, contre-récit de la nature, contre-récit d’aventures, à la fin de l’enquête absurde d’un journaliste sceptique, lancé à la recherche des truites arc-en-ciel, on n’apprendra aucune vérité, ni sur lui-même, ni sur la nature, ni sur la disparition des truites arc-en-ciel. Mais surtout, à l’opposé du récit antiaméricain, ce livre a pour ambition d’être un contre-récit américain. À l’heure du trumpisme (un taxidermiste émet d’ailleurs l’hypothèse que si les truites arc-en-ciel ont disparu, c’est peut-être qu’elles n’aiment pas l’orange), ce texte se présente comme une autre façon de décrire la fascination mêlée parfois de haine que nous entretenons souvent envers les États-Unis, de manière à nous faire entrevoir cet ennemi sournois qui nous habite, le nationalisme que nous portons en nous.

4ème de couverture 

 

Photo presse (disponible en haute définition sur demande)

mention obligatoire: @Noura Gauper